Offre de stage ABMC Enquete Gisement

Fertilisation et gestion de la qualité des sols en agriculture biologique : enquêtes et estimation des potentiels de développement dans 2 zones contrastées

VOTRE MISSION ET VOS ACTIVITÉS      

 Vous serez accueilli(e) au sein de l’UMR INRAE AgroParisTech Université Paris Saclay ECOSYS. L’étude du fonctionnement des agro-écosystèmes est au cœur des recherches de l’UMR, notamment en lien avec les pratiques agricoles, comme la fertilisation organique ou minérale. Dans ce cadre, l’UMR participe au projet Ademe ABMC, porté par l’UMR SAS (INRAE Rennes) et centré sur la gestion de la qualité des sols et de la fertilisation en agriculture biologique. En zones de grandes cultures, la fertilisation azotée des productions céréalières biologiques repose principalement sur l’importation d’effluents d’élevage souvent conventionnels (Reimer et al., 2023), en complémentarité avec l’introduction de légumineuses dans les rotations. Cette pratique est souvent couteuse et la disponibilité des effluents peut limiter le développement de l’agriculture biologique à grande échelle (Barbieri et al., 2021). Le maintien voire l’amélioration d’une bonne qualité du sol, notamment de ses stocks de matière organique, est également un défi important en agriculture biologique céréalière, cette qualité des sols conditionnant ses performances (Möller et al., 2026). La disponibilité des effluents d’élevage et des composts de déchets verts, principaux fertilisants en système maraichers biologiques (Pepin et al., 2026), peut également limiter leur expansion. En zones de polycultureélevage, les scénarios de transition agroécologique prévoient une baisse significative de l’élevage (Afterres 2050). Dans ces zones, la baisse du nombre de ruminants, principaux consommateurs de fourrages, pourrait entrainer une baisse des surfaces fourragères et des légumineuses associées (prairies, luzerne, trèfles, …) alors que ces cultures sont un pilier de l’agriculture biologique. La méthanisation peut représenter une opportunité dans ces différentes situations. En effet, à côté de la production d’énergie renouvelable, la méthanisation produit un digestat, résidu de la fermentation, qui est utilisé comme fertilisant organique. En plus des effluents d’élevage, la méthanisation peut accepter en intrants des déchets (agro)alimentaires, des CIVEs ou de la luzerne et prairies. Dans ce dernier cas, l’intérêt est également de trouver un débouché alternatif à l’élevage aux fourrages, cultures multiservices en agriculture biologique (fixation symbiotique d’azote, contrôle des adventices, structuration du sol…), qui sont parfois limités en zones céréalières et pourraient le devenir dans d’autres zones. En contexte péri-urbain comme l’Île-de-France, la valorisation des déchets organiques urbains (déchets verts, déchets alimentaires) sous forme de compost est aussi un moyen d’assurer la fertilisation des cultures et la qualité de sols en agriculture biologique (Boros et al., 2022; Moinard et al., 2021). L’usage de compost est par ailleurs encouragé par le règlement sur l’agriculture biologique.

Bien que des cas concrets d’usage de composts urbains ou de digestats de méthanisation (biodéchets, luzerne) existent déjà chez les agriculteurs biologiques céréaliers, les modalités de fertilisation et d’entretien de la qualité des sols ne restent que partiellement connus, ainsi que les motivations associées des agriculteurs. Bien que la méthanisation se développe en zone de polyculture-élevage, son potentiel à se substituer partiellement à l’élevage en parallèle d’une expansion de l’agriculture biologique demeure incertain et peu documenté. Les leviers et freins potentiels au développement de l’usage des composts urbains et de la méthanisation en agriculture biologique restent aussi à identifier. Enfin, au vu des gisements potentiels, il serait intéressant d’estimer dans quel mesure les gisements potentiels de composts et digestats pourraient appuyer le développement de l’agriculture biologique.

Dans ce contexte, l’objectif de ce stage sera d’apporter des connaissances sur les pratiques de fertilisation et d’entretien de la qualité du sol en agriculture biologique sur 2 zones contrastées (1 zone céréalière en Ile de France et 1 zone de polyculture-élevage en Bretagne) et d’estimer le potentiel des composts urbains et de la méthanisation (biodéchets, luzerne, prairies…) pour le développement de l’agriculture biologique. 

Vous serez plus particulièrement en charge de :

-       Construction d’un questionnaire d’enquête pour les agriculteurs céréaliers biologiques.

-       Réalisation d’enquêtes agriculteurs céréaliers biologiques et d’autres acteurs de l’AB.

-       Analyse et consolidation des données d’enquêtes déjà réalisées auprès d’agriculteurs AB en polyculture-élevage.

-       Estimation des gisements potentiels en composts urbains et digestats de méthanisation utilisables en agriculture biologique et des surfaces en agriculture biologique que ces gisements pourraient soutenir 

-       Synthèse de l’ensemble des données acquises. 

Conditions particulières d’activité : La personne recrutée sera encadrée par Florent Levavasseur. Elle travaillera également avec Fabrice Béline (responsable du projet ABMC). Le stage sera réalisé sur le campus INRAE-AgroParisTech de Saclay, avec des déplacements fréquents en Ile-de-France.

LE PROFIL QUE NOUS RECHERCHONS 

  • Formation recommandée : Ingénieur agri/agro ou équivalent, stage de master 2, master 1/césure en agronomie, sciences du sol ou environnement.
  • Connaissances souhaitées : Connaissances générales en agronomie et sciences du sol, bases concernant les pratiques de fertilisation et la dynamique de la matière organique des sols.
  • Aptitudes recherchées : Motivation pour le travail d’enquête, rigueur.

 

 

  Modalités d’accueil

 

¡  Unité : UMR ECOSYS

¡  Code postal + ville : 91120 Palaiseau

¡  Type de contrat : Stage

¡  Durée du contrat : 6 mois

¡  Date d’entrée en fonction : février à mars 2027

¡  Rémunération : 600€ / mois environ

 

 

  Modalités pour postuler

 

  Transmettre une lettre de motivation et un CV à : 

 

   Par e-mail : florent.levavasseur@inrae.fr ,

 

 

Date limite pour postuler : 15/11/2026

 

 

Bibliographie 

Barbieri, P., Pellerin, S., Seufert, V., Smith, L., Ramankutty, N., & Nesme, T. (2021). Global option space for organic agriculture is delimited by nitrogen availability. Nature Food, 1–10. https://doi.org/10.1038/s43016-021-00276-y

Boros, L., Levavasseur, F., Kebalo, L. F., Bijon, N., & Morel, K. (2022). Recycling local organic waste in peri-urban horticulture: A casestudy in the Parisian region. Acta Horticulturae, (1356), Article 1356. https://doi.org/10.17660/ActaHortic.2022.1356.37

Moinard, V., Levavasseur, F., & Houot, S. (2021). Current and potential recycling of exogenous organic matter as fertilizers and amendments in a French peri-urban territory. Resources, Conservation and Recycling, 169, 105523. https://doi.org/10.1016/j.resconrec.2021.105523

Möller, M., Athmann, M., Dreßen, S., Weber, T. K. D., Ruch, B., & Bruns, C. (2026). How to maintain soil fertility in stockless organic farming: Research concepts and insights from the first crop rotation of a long-term field experiment. Organic Agriculture, 16(1), 20. https://doi.org/10.1007/s13165-026-00545-9

Pépin, A., Knudsen, M.T., Morel, K., Jeanneret, P., van der Werf, H.M.G. 52026) Trade-offs among environmental impacts for organic vegetable farms with contrasting input levels. Agronomy for Sustainable Development, 46 (4), art. no. 64.

Reimer, M., Oelofse, M., Müller-Stöver, D., Möller, K., Bünemann, E. K., Bianchi, S., Vetemaa, A., Drexler, D., Trugly, B., Raskin, B., Blogg, H., Rasmussen, A., Verrastro, V., & Magid, J. (2023). Sustainable growth of organic farming in the EU requires a rethink of nutrient supply. Nutrient Cycling in Agroecosystems. https://doi.org/10.1007/s10705-023-10297-7

Stinner, W., Möller, K., & Leithold, G. (2008). Effects of biogas digestion of clover/grass-leys, cover crops and crop residues on nitrogen cycle and crop yield in organic stockless farming systems. European Journal of Agronomy, 29(2), 125–134. https://doi.org/10.1016/j.eja.2008.04.006