Dans ce dossier

Les décisions publiques, notamment en matière de gestion territoriale et de réglementation sur les sols, doivent s’appuyer sur des indicateurs fiables de la qualité des sols, et requièrent un inventaire spatial des propriétés des sols. Il est important de dépasser la caractérisation classique de l’état des sols pour quantifier la manière dont les sols fonctionnent et fournissent, le cas échéant, des services écosystémiques et comment ces fonctions et services évoluent dans le temps et dans l’espace sous l’impact des changements climatiques, d’occupation et d’usage, ou de gestion des sols. Nous souhaitons travailler à l’appropriation et l’opérationnalisation des outils d’évaluation des fonctions et services des sols par les acteurs du monde socio-économique pour le pilotage des politiques publiques ou des systèmes d’exploitation. Les niveaux d’observation que nous utilisons sont divers et vont du laboratoire, au champ et depuis l’espace.

Cet axe étudie la matière organique du sol, sa décomposition et son stockage dans les sols ainsi que sa distribution spatiale, à l'échelle microscopique au sein de la structure 3D des sols d’une part, et aux niveaux d’organisation spatiale de la parcelle à la région d’autre part. Nous nous focalisons particulièrement sur les mécanismes qui régissent la stabilisation de la matière organique et le stockage du carbone dans le sol, ainsi que sur les processus qui influent sur la distribution spatiale de ce stockage.

Les contaminations issues des activités humaines sont une cause majeure du déclin de la biodiversité et des services écosystémiques. L'équipe Sol&Tox étudie la contamination des sols par les polluants, le devenir de ces polluants et leurs impacts sur des organismes non cibles. Nos recherches couvrent un vaste panel de contaminants chimiques avec les pesticides de synthèse et produits de biocontrôle, les médicaments, les éléments traces métalliques et hydrocarbures aromatiques polycycliques comme principaux objets d’études. dans une diversité de contextes (agricoles, urbains, péri-urbains).

Préserver la biodiversité des sols et les fonctions qu’elles assurent dans les écosystèmes fortement anthropisés (sols agricoles, urbains et péri-urbains) est un enjeux majeur pour la transition écologique.

Le recyclage des produits résiduaires organiques (PRO) en agriculture peut permettre d’améliorer la fertilité chimique, physique et biologique des sols. Ce recyclage peut aussi permettre une substitution des engrais minéraux et/ou une augmentation de la production agricole. Divers contaminants (pathogènes, microplastiques, organiques et inorganiques) peuvent cependant être appliqués sur les sols lors de ce recyclage et s’accumuler dans les sols et/ou être transférés aux cultures et/ou aux eaux, avec de potentiels effets écotoxiques. D'autres impacts environnementaux peuvent se produire, tels que la lixiviation des nitrates, des émissions gazeuses (ammoniac, gaz à effet de serre, composés organiques volatils). Tous les effets varient en fonction (i) des caractéristiques des PRO appliqués, en relation avec leur origine et leur traitement potentiel, (ii) des conditions pédoclimatiques et (iii) du système de culture dans lequel s’insère ce recyclage. En outre, l’utilisation potentielle des PRO dépend de leur disponibilité locale au sein des territoires.